L’amblyopie ou le syndrome de l’oeil paresseux :

Tous les parents savent ceci : c’est l’école qui révèle la véritable nature de nos enfants. Tempérament bagarreur que vous n’aviez jamais remarqué à la maison, inclinaison pour les arts plastiques… L’entrée en maternelle, c’est un peu comme une deuxième naissance. En parallèle de ces traits comportementaux que met en lumière l’école, d’éventuels problèmes de santé peuvent aussi être découvert par le personnel éducatif. Trouble de l’attention, début de myopie… Et amblyopie.

La fatigue des yeux, qu’est-ce que c’est ?

Les yeux fatigués

L’amblyopie, ou syndrome de l’oeil fatigué, est un dysfonctionnement neuronal ayant pour conséquence une mauvaise communication entre cerveau et appareil oculaire, grave mais curable, qui touche 2% des enfants.
L’un des deux yeux de votre enfant ne fait tout simplement pas son travail de transmetteur d’images : son cerveau reçoit mal celles-ci et ne parvient pas à les traiter et à les associer convenablement aux images transmises par le second oeil, alors il les ignore. La vision de votre enfant sera donc floue, il pourra même être incapable de percevoir les reliefs et les distances. Si l’amblyopie n’est pas traitée à temps, elle peut aboutir à la perte totale de la vision de l’oeil paresseux.
Mais rassurez-vous, l’amblyopie est assez simple à diagnostiquer, et si vous ne l’avez pas remarqué en tant que parents, les maîtres ou maîtresses de vos enfants la remarqueront très vite : votre enfant rencontrera d’énormes difficultées pour lire le tableau depuis son bureau, par ailleurs les instituteurs et institutrices sont habitués à reconnaître d’éventuels troubles de la vision chez les élèves dès la maternelle. Prenez rendez-vous chez un pédiatre ou un ophtalmologue et rendez compte des commentaires du personnel éducatif.
Si l’amblyopie est découverte et traitée avant 6 ans, le cerveau des enfants étant encore assez facile à “manipuler” avant cet âge, elle peut être totalement guérie.

Comment ça marche ?

Dans le cas d’une vision parfaite, l’image d’un objet est captée et projetée simultanément par nos deux yeux sur leurs rétines respectives. Le nerf optique se charge de transmettre ces deux images au cerveau, toujours simultanément, où elles seront traitées dans la zone du lobe occipital. Celui-ci assemble les deux images de sorte que nous percevions l’objet en relief et en couleur.
En cas d’amblyopie de l’oeil gauche par exemple, le nerf optique gauche transmet une image de mauvaise qualité : le traitement de celle-ci est impossible car elle ne correspond pas à l’autre image, transmise par l’oeil droit. L’appréhension 3D de l’objet observé est donc impossible et la vision devient floue ou double, ou sans relief ni contrastes. Les troubles de la vision liés à une amblyopie sont multiples et variables, il existe en effet plusieurs types d’amblyopies.

Les différents types d’amblyopie :

Si l’amblyopie la plus répandue dite, amblyopie fonctionnelle, désigne un défaut neurologique de transmission d’informations, il en existe d’autres, qui peuvent être la conséquence de lésions physiques. C’est le cas de l’amblyopie organique, qui résulte d’une lésion oculaire. Dans ce cas, c’est cette lésion qui affecte la qualité de l’image transmise au cerveau.

Facteurs et symptômes de l’oeil paresseux :

Les facteurs favorisant l’amblyopie :

Comme pour beaucoup de maladie, certains individus sont plus susceptibles que d’autres de développer une amblyopie : certaines contingences en favorisent en effet la réalisation.

  • L’hypermétropie (qui est le principal facteur)
  • L’atavisme (que ce genre de pathologie se soit déjà déclarée dans votre famille augmente le risque qu’elle se déclare chez votre enfant)
  • Les troubles neuronaux
  • La trisomie 21
  • Une naissance prématurée
  • Un strabisme très prononcé

Oeil paresseux, quels symptômes ?

Selon que l’amblyopie est particulièrement forte ou modérée, elle peut être plus ou moins évidente à déceler.
La pathologie se manifeste généralement dès les premiers mois de vie de l’enfant, cependant elle est presque impossible à déceler tant que l’enfant n’exprime pas la gène ressenti.
Parce qu’ils ne sont souvent pas conscients d’être victimes de troubles de la vision, quand bien même ils pourraient l’exprimer, restez attentifs à certains signes témoins : si votre enfant plisse les yeux ou présente un strabisme (même léger), consultez un professionnel de santé, de même s’il ferme ou se cache un oeil ou si vous remarquez qu’il a besoin de positionner son visage dans d’un angle inapproprié pour voir de près, qu’il sollicite son champ de vision périphérique alors qu’il pourrait regarder “droit”.

Déceler ce type de pathologie (et les troubles de la vision en général) devient plus aisé une fois que l’enfant a dépassé les trois ans. L’entrée en école maternelle et la découverte de la lecture et des activités manuelles en classe révèle rapidement l’état des yeux de l’enfant. Plus largement, d’éventuels troubles auditifs, comportementaux ou alimentaires peuvent vous être rapportés par le personnel encadrant qui ne voit et ne gère pas votre enfant de la même manière que vous, parents, ni dans le même cadre. Prenez toujours très au sérieux les remarques du personnel éducatif lorsqu’elles touchent à la santé de votre enfant.
Par ailleurs, à partir de trois ans l’enfant est capable de s’exprimer et se plaindre à propos de ces yeux ou répondre à votre ophtalmologue lors d’un examen.

Une amblyopie peut se déclarer tardivement, ou avoir été très légère pendant longtemps et s’aggraver soudainement. Le syndrome de l’oeil paresseux n’est pas une pathologie exclusivement infantile. Si votre adolescent se plaint de troubles de la vision, consultez un ophtalmologue. S’il ne s’agit pas d’une amblyopie, il peut s’agir d’une myopie naissante ou d’un autre trouble qui pourrait nécessité qu’il porte des lunettes correctrices.(lien avec article Comment aider votre enfant à choisir ses lunettes en ligne ?) L’augmentation du temps moyen que passe les adolescents devant des écrans d’ordinateurs ou de téléphones portables à aussi des conséquences sur la santé de leurs yeux : la lumière bleue est dangereuses pour les yeux de tout les âges.

Quels traitements pour l’amblyopie ?

Si l’amblyopie consiste en ne pas se servir de l’un de ses deux yeux, le meilleur moyen de la soigner et forcer le cerveau à ne plus se servir que de l’oeil abandonné.

Les traitements doux :

La solution la plus courante et de bloquer la vision de l’oeil fonctionnant bien, au moyen d’un pansement que vous apposez sur celui-ci par exemple. Le cerveau ainsi handicapé sera obligé de “travailler” à nouveau avec l’oeil paresseux. Le muscle oculaire et la zone neurologique en charge de la transition des informations perçues par l’oeil sont ainsi stimulés, et petit à petit l’oeil réintègre ses fonctions. Pour ne pas endommager l’oeil en bonne santé et ne pas trop forcer sur l’oeil dysfonctionnel, il est conseillé de ne pas laisser l’enfant porter son pansement plus d’une journée. Laissez ses yeux et son cerveau se reposer en soirée et la nuit en ne les handicapant pas. Il existe des pansements adaptés à la forme et à la fragilité des yeux des enfants (qui ne collent pas à la paupière mobile) : les pansements orthoptiques.
Accompagné tout au long de ce traitement par un ophtalmologue, votre enfant récupère une bonne vision binoculaire (des deux yeux) : le traitement est long et contraignant mais efficace.
Traiter un éventuel strabisme peut être efficace.

La chirurgie :

Dans le cas d’une amblyopie plus grave et nécessitant des traitements plus lourds, une extraction de la cataracte peut être exécutée, mais l’opération est rarement impérative chez l’enfant. Elle peut néanmoins l’être chez l’adolescent et l’adulte, leurs cerveaux déjà formés étant beaucoup plus difficile à rééduquer que celui d’un enfant en bas âge.


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